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Ahmès, scribe d’Égypte, Nicolas Koch

Nicolas Koch est un auteur que j’ai connu via sa casquette de correcteur. En effet, c’est grâce à lui que j’ai pu proposer une version plus propre d’Abysses (nouvelle) sur Wattpad et c’est aussi l’un de mes premiers retours objectifs (et positif!) sur ce qui était encore à l’époque les prémices de ce qu’est devenu le roman aujourd’hui. C’est avec grand intérêt ensuite que je me suis intéressée à sa propre production, tout d’abord avec son excellent Un fruit amer (en cours d’écriture), puis grâce à son éditeur Interactiv’ Books editions avec Ahmès, scribe d’Égypte. Je remercie chaleureusement ces deux derniers pour l’envoi en service presse de ce roman. J’ai fermé mon ancien site de chroniques littéraires mais je tenais absolument à publier cet article ici, pour le côté particulier de l’œuvre de Nicolas Koch. En effet, Ahmès, scribe d’Égypte est un roman à l’univers transmédiatique. Pour ceux qui ne savent pas ce que cela signifie, mon ami Wikipédia est à la rescousse.

La transmédialité, ou narration transmédia, est une méthode de développement d’œuvres de fiction ou documentaires et de produits de divertissement nouvelle qui se caractérise par l’utilisation combinée de plusieurs médias pour développer des univers narratifs, des franchises, chaque média employé développant un contenu différent. De plus chaque contenu peut être appréhendé de manière indépendante, en général, et sont tous des points d’entrée dans l’univers transmédiatique de l’œuvre.

→ Le contenu
Ahmès, scribe d’Égypte est un roman tentaculaire qui nous raconte l’histoire de plusieurs personnages dans deux époques différentes. Je vais volontairement rester vague dans cette chronique, parce que je trouve que c’est une expérience à vivre en en sachant le moins possible et parce que les différentes trames sont compliquées à résumer en quelques lignes. L’histoire nous plonge à la fois dans l’Égypte Antique et dans l’époque contemporaine.
Dans la première partie, on fait la connaissance d’Ahmès, un jeune fils de magistrat qui souhaite devenir scribe et gagner son indépendance. Malheureusement, les choses ne se passent pas comme il l’espère quand il assiste à l’arrestation musclée de son meilleur ami, Néfer.
Dans la seconde, une équipe d’égyptologues, dont le colérique Francis Labrousse et le jeune Benjamin Kershaw découvrent une tombe inviolée en Égypte. Cette dernière contient un trésor archéologique majeur, une boîte remplie de papyrus, des documents que certains ne souhaitent pas voir diffusés.

Je suis admirative du travail fourni par l’auteur. Quel que soit le point de vue que l’on suit et l’époque par laquelle on commence, l’histoire peut se lire de façon parfaitement linéaire. Pour un premier roman, rien n’est laissé au hasard et c’est un aspect que je craignais quand j’ai commencé. La plume de l’auteur nous entraîne tout de suite dans son intrigue. Peu avare en descriptions et anecdotes historiques, on sent que le sujet a été fouillé et documenté, ce qui est très appréciable quand on ne connaît que vaguement l’Égypte antique. J’ai été parfois un peu gênée par quelques expressions « ampoulées » mais c’est purement anecdotique et personnel. J’ai dans tous les cas été séduite par ces histoires qui s’imbriquent, la « fin » m’a laissée sur les fesses, pour le dire poliment, mais je vous laisse la découvrir par vous-même 🙂

→ Le contenant
Cet ouvrage est le premier que je lis du genre et il m’a fortement intriguée à sa sortie.
Dans l’objet lui-même, on sent que tout a été fait pour que le lecteur soit le moins perdu possible. Quand on ouvre le livre, le prélude et le prologue sont communs, on commence obligatoirement par là. Ensuite, on nous laisse la possibilité de continuer l’histoire selon trois chemins différents : « la partie antique », « la partie contemporaine », ou une forme non linéaire de narration. Les explications disséminées un peu partout permettent une prise en main facilité, même si pour ma part j’ai été un peu perdue au début. Comme je le disais, c’était mon premier ouvrage du genre, et forcément quand on n’a pas l’habitude, cela fait bizarre. Néanmoins, pour ma première lecture j’ai choisi de commencer par la partie contemporaine et ai donc fait la connaissance du professeur Labrousse et de son caractère bien trempé. Cela m’intéressait de ne rien connaître sur Ahmès, je souhaitais voir la manière dont on pouvait le découvrir, des milliers d’années plus tard. J’ai poussé ma lecture jusqu’à la fin en ne privilégiant que les points de vue de Labrousse et Kershaw et je pense être passée à côté de quelques petites choses mais cela n’a pas gêné ma lecture.
Pour un second test, j’ai opté pour le dernier choix de lecture, à savoir la forme non linéaire. Ce mode de lecture nous donne accès à une carte sur laquelle on peut choisir notre époque et le personnage que l’on veut suivre. Tout au long de l’ouvrage ensuite, un symbole nous permet de poursuivre du même point de vue ou de changer complètement de personnage. Je dois avouer que cette façon de lire m’a totalement enthousiasmée. On est vraiment libre de faire ce que l’on veut, de suivre qui l’on veut, on détecte quand même le fil rouge sans souci. Toutes les parties sont bien équilibrées et égales en terme de qualité, je dis vraiment chapeau au travail de l’auteur et de son éditeur.

Le livre est agrémenté de nombreux bonus, notamment un accès direct au site lors de la lecture de certains paragraphes, l’alternance des points de vue, une carte du monde permettant de situer l’univers mais également des illustrations qui peuvent s’agrandir en cours de lecture. Globalement, cette expérience a été enrichissante pour moi, même si j’ai mis un petit temps à m’habituer. Moi qui aime savoir combien de pages il me reste, ce détail m’a un peu perturbée, tout comme les allers-retours que l’on effectue dans le manuscrit, mais c’est un mal nécessaire pour une lecture décousue comme celle-ci (dans le bon sens du terme).
En bref, je vous conseille de tenter cette expérience du transmédia, que j’ai trouvé très enrichissante et originale. Je pense entamer prochainement le premier livre de l’éditeur, à savoir La Voix des Highlands, de Lady Thalie de Glencoe pour poursuivre ma découverte.

→ Les liens
Le roman | L’éditeur | L’auteur | Acheter le livre (captures inside)

→ Pour en savoir plus
D’autres articles sur le sujet sont prévus pour les prochaines semaines 🙂

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