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Ashes, Charles & Sable Noir

Je parle assez rarement de mon aspect auto-groupie sur ce site parce que ça peut paraître bizarre, parfois. Cependant, je cultive une passion dévorante pour tous les objets susceptibles de me rappeler mes romans : bijoux, figurines à l’effigie des acteurs prêtant leurs traits aux personnages, montages photo placardés au mur etc. etc. …

Dernièrement, j’ai reçu un bijou qui m’a immédiatement renvoyé à Charles, mon personnage préféré d’Abysses (faut pas le dire à Hope, chut). En plus de m’avoir rappelé son style, il m’a également inspiré toute une scène. Je me suis dit que ce serait donc une super occasion de vous présenter le personnage un peu plus en détail, mais aussi, bien sûr, de donner un petit coup de projecteur sur les magnifiques bijoux de cette créatrice (ce post n’est pas sponsorisé et Rozenn ne m’a pas payée :p).

Alors, qui est Charles ?
Quand Hope le rencontre pour la première fois dans le roman, c’est une sorte de « savant fou », dont la principale passion est de créer des robots-insectes.

Mais (…) Hope avait surtout remarqué la centaine d’insectes, en particulier les araignées et les sauterelles, qui envahissait toute la pièce. Ceux qui ne grouillaient pas dans les aquariums géants grimpaient sur les murs et sur leur créateur sans que celui-ci ne s’en soucie.
(Extrait d’Abysses, chapitre 17)

Au-delà de cet aspect repoussant de prime abord, Charles n’en est pas moins un personnage complexe, au passé douloureux. Si ce dernier n’est pas du tout évoqué dans Abysses, il a une large place dans le recueil de nouvelles, Cendres, via celle intitulée « Sable Noir ». Notez que ce que je mentionne par la suite n’a aucune incidence sur les évènements du roman, ce ne sont donc pas des spoilers mais vous pouvez passez directement à la partie suivante si vous désirez ne rien savoir 😉

Dans « Sable Noir », donc, Charles vient de devenir veuf. D’origine africaine, Tina son épouse a souhaité être incinérée près des siens. Il entreprend donc un long voyage vers une Afrique du futur sauvage et miséreuse, où le sable ébène cause bien des soucis aux habitants. Là-bas, il rencontre sa belle-famille et s’assure de respecter à la lettre la dernière volonté de sa bien-aimée. Mais il va surtout découvrir un mode de vie, des croyances et des traditions complètement différents de ce qu’il connaît.

« Sans un mot, elle lui tend une petite fiole et désigne l’urne. Il la saisit et la glisse dans sa poche en hochant la tête. Les mots de Tina lui reviennent instantanément.
« Dans mon village, on dit qu’après la dispersion, les cendres restantes sont sacrées. C’est la volonté du défunt de laisser une trace de son amour à destination des siens. Après la cérémonie, on les recueille dans un récipient que l’on garde près de nous. C’est censé nous porter chance et nous aider à trouver le bonheur. » »
(Extrait de « Sable Noir », nouvelle présente dans le recueil Cendres)

Charles est bouleversé par ce voyage qui remet en question ses propres habitudes, à tel point qu’il hésite même à rentrer chez lui.
Puis, avant sa rencontre avec Hope, quelque chose se passe (ben oui, je ne vais pas tout raconter non plus). Il va devenir plus secret, plus renfermé, jusqu’à eh bien… Complètement disjoncter.

Oui d’accord, mais ce fameux bijou ?
J’y viens. Comme mentionné ci-dessus, Charles rentre chez lui, mais il ne revient pas les mains vides. Désormais, il va conserver deux reliques qui lui rappelleront à jamais sa femme et son voyage : une fiole contenant un mélange de sable noir et de cendres, ainsi qu’un pendentif créé à partir de la lave du volcan situé à proximité du village de sa belle-famille.
C’est de ce bijou, donc, dont je parlais. En voici une courte description :

« Il montre à présent un pendentif en forme de losange, aussi sombre que le sable.
— Et ça, c’est fait avec la lave du volcan. Quand elle refroidit, elle forme une roche qu’on peut ensuite tailler et monter en collier, comme ceci.
Fascinée, la fillette observe. La pierre est noire, pleine de petites aspérités. Elle brille, même, par endroits. Au toucher pourtant, malgré les petites irrégularités, la roche est extrêmement douce. »
(Extrait d’Abysses, chapitre encore indéfini)

En parcourant le site de Rozenn, O-xyde, j’ai été immédiatement attirée par ce que je considérais comme étant LE pendentif de Charles.

Photo de Rozenn, tirées de sa boutique en lien ci-dessous.

Photos de Rozenn, tirées de sa boutique en lien ci-dessous.

Le collier s’appelle « Ashes », ai-je besoin d’expliquer à quel point le nom m’a parlée, déjà ? ^^ De plus, son côté sombre et brut collait parfaitement à ce que j’imaginais. L’avoir entre les mains m’a fait un drôle d’effet, je m’attendais presque à voir Charles rappliquer pour m’expliquer d’où il venait. C’est ce qui se produit quand une auteure est parfois (trop) immergée dans son monde. Désormais, à chaque fois que je le porte, je pense à lui et le plus amusant, c’est que je suis la seule (enfin, jusqu’à maintenant) à savoir ce qu’il représente.

C’est aussi pourquoi je me permets de faire un tout petit peu de publicité pour Rozenn et sa boutique. J’ai très souvent commandé ses créations (via aussi feu sa boutique Unseelie) et à chaque fois, je suis époustouflée par leur qualité. Du coup, si l’envie vous prend, je vous invite à consulter les liens ci-dessous 😉

Lien direct vers le collier mentionné : http://o-xyde.com/fr/accueil/14-ashes.html
La boutique de Rozenn : http://o-xyde.com/fr/

Et si jamais ce genre de « zoom » sur les personnages vous intéresse, n’hésitez pas à me le dire, ce serait un plaisir de continuer la série !

Préparation du NaNoWriMo avec Scrivener

Je commence tout doucement à préparer mon NaNoWrimo 2016 et cette année, j’ai décidé de tester Scrivener. J’en suis encore aux balbutiements mais cela permettra de suivre l’avancée de la prépa tout au long de ce mois d’octobre.
Si au départ ce logiciel m’a laissée perplexe, je commence à l’apprivoiser et il se révèle très utile, notamment pour m’aider à l’élaboration de mon roman. Personnellement, je ne l’utilise pas pour la rédaction (je préfère mon bon vieux Word ^^) et je ne pourrais pas vous parler non plus de ses fonctions d’exportation. Du coup, pour aller plus loin, j’ai ajouté quelques liens en fin d’article que j’ai trouvé au gré de mes recherches sur le net. Je précise aussi que j’utilise la version 2 du logiciel sur Mac.

A l’ouverture, Scrivener propose déjà de multiples options selon le projet que l’on souhaite créer. Personnellement, j’aime partir de rien et tout construire à ma sauce, donc je choisis toujours la création d’un fichier vide (cliquez sur les images pour les agrandir).

La configuration

Cette étape dépend finalement des habitudes de travail propres à chacun, j’ai longtemps tâtonné avant de découvrir une configuration qui me plaisait mais j’y suis finalement parvenue. Voici la bête en ce qui concerne Ephémère, le roman que je réécrirais pendant le NaNo.

Partie « Bible » :

C’est sans doute la partie la plus importante de mon fichier, puisqu’elle regroupe les fiches personnages, les fiches lieux, les notes, le synopsis et tous les autres documents permettant de dégrossir le roman.

bible

Ce qui est très pratique dans ce logiciel, c’est que je peux changer mes fichiers de place à tout moment en les faisant glisser à l’endroit où je veux. Cette vision est le fameux « tableau de liège » de Scrivener qui a perdu sa belle teinte liège dans la seconde version (et c’est nul) x) A gauche, on garde toujours un œil sur le menu tandis qu’à droite, on peut ajouter une multitude de notes qui ne se mélangeront pas au reste et resteront elles aussi à portée de vue. Je peux vous dire que cette simple fonction a changé ma vie ! Vous avez la possibilité également d’ajouter des notes sur vos fiches, personnellement je n’en mets pas.

Bien évidemment, je ne montre pas le volet « Synopsis » ici, parce que ce ne serait pas drôle de tout spoiler 😀 On passe donc directement à mes fiches personnages.

personnages

J’aime particulièrement le fait de pouvoir regrouper toutes mes fiches personnages à un seul endroit. Comme j’en ai souvent beaucoup, j’apprécie de ne pas avoir plusieurs documents ouverts. En un clic, on a accès à la fiche que l’on veut et cela, je trouve, fait gagner un temps considérable. Avant, je faisais un doc Word par personnage, autant dire que je suis ravie cette fois d’avoir tout à disposition. Encore une fois, on garde le menu visible à gauche si on le souhaite (on peut aussi travailler en plein écran) et le menu de droite nous permet d’ajouter une photo, des notes, des infos, bref, tout ce qui permet de construire le personnage. Pour ma part, les personnages de mes romans sont ma priorité, j’aime les rendre les plus réalistes possibles, c’est pourquoi mes fiches sont très fournies et très longues. J’aime leur donner un background très détaillé, ça les rend plus tangibles, même si par la suite des éléments ne seront pas du tout réutilisés dans le manuscrit. J’ai créé dans le logiciel une fiche-type (visible dans le menu à gauche, tout en bas), ce qui me fait également gagner du temps. Quand je suis sur mon dossier « Personnages », je demande à ajouter la fiche-type et roulez jeunesse, y a plus qu’à remplir ! Un petit extrait avec les deux personnages principaux ci-dessous. Les intitulés sont en anglais parce que je me suis beaucoup basée sur des fiches anglaises et j’ai eu la flemme de les traduire ^^’

shana matt

 Pour les fiches lieux, le principe est le même. Je me suis créé une fiche-type basée sur celles rédigées pour mes précédents romans et j’en crée une nouvelle à chaque fois que je décris un nouveau lieu. Comme je commence tout juste à préparer le roman, il m’en manque encore plein, que je complèterais petit à petit au long du mois d’octobre. Encore une fois, je suis une maniaque du contrôle et j’aime avoir une idée très précise des différents endroits dans lesquels mon histoire va se dérouler, c’est pourquoi chacun d’entre eux est minutieusement étudié. Dans les exemples ci-dessous, on a les principaux, mais je vais ajouter la maison de Matt, la chambre de Shana, bref, chaque petit détail compte. De même, dans la fiche du Foyer, je me suis crée un récapitulatif de son organisation, du personnel et de ses résidents. Maniaque, je vous dis.

lieux journal

Je vais également passer sur la suite, puisqu’il y a un risque de spoiler. En gros, dans la partie « Préparation/réflexions » j’ajoute toutes les idées que j’ai autour du roman : certaines scènes que j’ai déjà en tête, des extraits de dialogues, des images, la playlist écriture bref… Tout ce qui va me servir par la suite. Le logiciel permet d’intégrer des mots-clés et des objectifs de mots, entre autres, mais encore une fois, je ne m’en sers pas, puisque je ne rédige pas dessus.

Enfin, la partie « Manuscrit » va surtout me servir par la suite. Si j’ai déjà une idée très précise de la façon dont va se découper mon roman, je note le contenu de chaque chapitre (personnages, lieux, actions…), sinon, je la laisse telle quelle. En fait, cette partie me sert surtout pour mes corrections. Dans le cas d’Abysses par exemple, je trouvais qu’il y avait beaucoup de problèmes de rythme, des irrégularités au niveau du chapitre X par rapport au suivant, etc… Donc j’ai créé un dossier pour chaque chapitre et y ai écrit sa construction très précise. Ensuite, en ayant une vue d’ensemble (le fameux tableau en liège qui n’est plus en liège), j’ai pu voir où ça coinçait et réorganiser tout ça.

Je parlerais plus longuement de cette dernière partie à la fin de ma préparation.
Quoi qu’il en soit, je pense que Scrivener est un très bon logiciel mais je m’arrête pour ma part à son côté pratique pour tout ce qui est en amont de l’écriture. Pour le reste, je garde mes habitudes.

Pour avoir une idée plus précise des possibilités offertes par Scrivener, je vous conseille de suivre ces liens :

« Scrivener, le studio d’écriture professionnel par excellence » – Lionel Davoust
« Scrivener, la boîte à outils de l’auteur » – Marièke (qui m’a inspiré ma propre configuration)
Vidéo de François Magnan « Mener un projet d’écriture sur Scrivener »
Rapide présentation de Guy Morant
Exemple d’utilisation avec une thèse sur « La boîte à outils des historiens »

[Dossier] Les corrections : suite et fin

Dans mon précédent article, je parlais de la relecture, étape essentielle dans mon processus de correction. Après de multiples décorticages du texte, il est temps à présent de rentrer dans le vif du sujet. Affutons nos stylos rouges (oui, je suis très scolaire) et c’est parti !

1ère étape : pointer les passages à réécrire.
Une fois que mon texte a été lu et (re)relu, rebelote parce que j’aime être maso, mais cette fois armée de mon stylo. Je commence à souligner, barrer, mettre des indications dans les marges au fur et à mesure de ma lecture. Je dégrossis le travail de réécriture selon un code qui m’est propre (ex : souligné = tournure de phrase à revoir, croix = détail à ajouter, parenthèse englobant le paragraphe = à réécrire etc. …), je taille dans le vif, je rature, je pleure, je surligne etc. … en me référant bien sûr à ma « to do list » de l’étape précédente. Les passages voués à réécriture sont les plus compliqués pour moi parce que ce sont souvent des pans entiers de texte, voire carrément des chapitres. A cette étape, je pointe vraiment le plus gros dans une perspective d’entonnoir : partir du plus général pour arriver au plus particulier. A côté de cela, je me fais un « plan » sur Scrivener, sur lequel je note les principales idées de chaque chapitre et les modifications à y apporter. Une fois terminé, je relis mon plan, pour voir si avec toutes ces modifications le roman tient encore la route.
J’aime dire qu’écrire un roman, c’est comme dessiner : on fait d’abord un croquis, puis un lineart, on met les applats puis on ajoute les nuances : zones d’ombre et de lumière, détails. On efface, on ajuste, on refait etc. … C’est en tout cas comme ça que je vois mon écriture.

Objectif : dégrossir le travail de réécriture
Durée : de plusieurs jours à plusieurs mois (voire années, soyons fous)

(suite…)

[Dossier] Les corrections : comment tu fais, toi ?

Comme je le bassine à longueur de temps en ce moment, je suis en plein dans les corrections du premier jet d’Abysses. Qu’est-ce que j’entends par « corrections » ? Comment procède-je ? Quid de l’alpha-lecture ? J’avais envie d’en parler un petit peu par ici. Comme l’article va être long, je vais le couper en deux parties. Ici, je ne parlerai que de la relecture. Dans la seconde, je parlerai des corrections en elles-mêmes (réécriture, orthographe, grammaire, logiciels utilisés etc…).

Attention, ce dont je parle ici ne concerne que moi seule. Il y a énormément de ressources pour auteur décrivant des méthodes sur les corrections. Personnellement, j’ai longtemps tâtonné avant de trouver une technique qui me plaît. Elle m’est propre et en aucun cas ce que j’expose ne doit être suivi au pied de la lettre, c’est purement informatif. Je ne suis pas une gourou de l’écriture, je suis loin d’en être une professionnelle, il fallait que ce soit dit 😉

1ère étape : Laisser reposer son texte.
Ça y est, je viens de poser le mot « fin » sur mon manuscrit. Immédiatement, je suis envahie par un grand vide. Mes personnages me manquent déjà, je me sens désertée de toute énergie, j’ai juste envie de me rouler en boule et rester dans un coin. La première tentation est bien évidemment de reprendre déjà tout mon texte. Je sais que des passages sont très faibles, peu efficaces, que les incohérences sont nombreuses et qu’il faudrait en réécrire une bonne partie. Grossière erreur. Je suis encore trop « dedans », je n’ai aucun recul et forcément, la qualité de mes corrections en pâtira. Du coup, la mort dans l’âme, j’enregistre mon fichier et je le laisse en sommeil. Là, la durée est extrêmement variable. Dans le cas d’Abysses, j’ai attendu un mois.

Objectif : relire ce que j’ai écrit d’un œil neuf.
Durée de l’étape :
variable d’un texte à l’autre

2ème étape : la relecture.
L’attente a été longue, je n’ai pas arrêté d’y penser, de tourner les possibilités dans ma tête, puis je suis passée à autre chose. Bien sûr, mon cerveau est toujours « en veille ». Je ne touche pas mon texte, mais je note. Tout. Cette phrase prononcée dans une émission, cette idée qui m’a titillée la veille, ce bout de dialogue à rajouter… J’estime que je suis prête à reprendre mon manuscrit quand je ne suis plus capable de réciter par cœur les premières phrases de mes chapitres (oui, bon).
Je dépoussière un peu Word, je rouvre mon fichier mais je n’y touche toujours pas. Je l’imprime, en général, où le met sur ma liseuse. Là, je commence ma première relecture.
A cette étape, je ne fais aucune correction. Je me contente de lire mon roman d’une traite, de déceler les passages qui conviennent et ceux qui ne conviennent pas, je regarde l’enchaînement des évènements dans leur globalité. Sont-ils crédibles ? N’ai-je laissé aucun personnage de côté ? Les derniers chapitres répondent-ils à toutes les questions posées ?

Objectif : tester mon texte, voir si l’histoire tient la route et si les personnages sont bons.
Durée de l’étape : Pour Abysses, deux jours ont suffi.

3ème étape : la seconde relecture.
Je commence à entrer dans le vif du sujet.
J’ai à côté de moi un pense-bête que j’ai dégoté sur le net (celle-ci), imprimé en plusieurs exemplaires. Pour cette seconde relecture, je vais noter au fur et à mesure ce qui ne va pas, les choses à changer, enlever totalement, ajouter, les incohérences etc. … Le côté pratique de cette liste, c’est que les petites cases me permettront par la suite de marquer les changements comme effectués et de savoir très exactement où j’en suis. Sur la photo ci-dessous (que j’ai floutée de façon extrêmement moche, nous sommes d’accord), les trois premières phrases sont les indications à suivre pour le chapitre 1. Je n’ai pas eu besoin de noter quelque chose sur mon prologue, que je trouvais assez clair comme cela (mais pas parfait pour autant, vous le verrez dans le prochain article). Dans le cas du premier point, par exemple, j’ai indiqué que l’addiction de Hope à la « Belle-de-Nuit », une drogue puissante, devait être davantage mise en avant. Vous voyez aussi que pour les effets de cette dernière, je me suis très fortement inspirée de l’opium.
Dans mon premier jet, il y avait également mention de deux méga-corporations, dont l’une disparaissait par magie vers la fin du livre. Tous ces petits détails formaient de grosses incohérences pour la suite et se sont retrouvés sur ma liste.
Une fois le roman entièrement relu une seconde fois et annoté, c’est parti pour la…. Troisième relecture ! 😀

Objectif : entrer dans le détail, commencer à décortiquer le texte.
Durée de l’étape : tout dépend des corrections. Pour ce roman, trois jours.

4ème étape : la troisième relecture, parce que jamais deux sans trois.
Bon, j’ai relu le roman deux fois, j’ai noté tout ce qui ne me plaisait pas, je devrais être calée sur le sujet. Eh bien non, parce que sinon je ne serais pas perfectionniste !
Je procède donc à une troisième relecture, pour être certaine d’avoir tout noté et relevé. Je réinterroge chaque point indiqué dans ma liste. Et si finalement je laissais cela comme ça ? Et si j’enlevais plutôt ce point-là ? Qu’est-ce qui est essentiel dans l’histoire que je pourrais avoir enlevé ? A cette étape, je note aussi les éventuelles recherches à faire pour compléter tel ou tel point. La ville dans laquelle se situe l’action, par exemple. Au début, elle était coupée en quartiers spécifiques. Finalement, j’ai décidé d’enlever ce découpage, ce qui implique de refaire un plan de la ville. Où est tel bâtiment ? Tel quartier ? Quelle est la durée du déplacement et comment Hope se déplace-t-elle ? Eh oui, quand j’écris, j’essaie de penser à tout et surtout à n’importe quoi ! Je suis d’avis que plus on a une image très précise de ce que l’on décrit, mieux c’est pour que le lecteur soit immergé totalement dans l’histoire. De même pour les personnages : sont-ils trop ? Pas assez ? Qui est laissé de côté ? Qui prend trop de place ? etc. …

Objectif : dégager les éventuels points nécessitant des recherches
Durée de l’étape : aléatoire

Ceci fait, j’ai deux options : où je me lance dans les recherches soulevées par ma dernière étape, où je peux enfin commencer à toucher au texte. La suite dans le prochain article… 😉

Ahmès, scribe d’Égypte, Nicolas Koch

Nicolas Koch est un auteur que j’ai connu via sa casquette de correcteur. En effet, c’est grâce à lui que j’ai pu proposer une version plus propre d’Abysses (nouvelle) sur Wattpad et c’est aussi l’un de mes premiers retours objectifs (et positif!) sur ce qui était encore à l’époque les prémices de ce qu’est devenu le roman aujourd’hui. C’est avec grand intérêt ensuite que je me suis intéressée à sa propre production, tout d’abord avec son excellent Un fruit amer (en cours d’écriture), puis grâce à son éditeur Interactiv’ Books editions avec Ahmès, scribe d’Égypte. Je remercie chaleureusement ces deux derniers pour l’envoi en service presse de ce roman. J’ai fermé mon ancien site de chroniques littéraires mais je tenais absolument à publier cet article ici, pour le côté particulier de l’œuvre de Nicolas Koch. En effet, Ahmès, scribe d’Égypte est un roman à l’univers transmédiatique. Pour ceux qui ne savent pas ce que cela signifie, mon ami Wikipédia est à la rescousse.

La transmédialité, ou narration transmédia, est une méthode de développement d’œuvres de fiction ou documentaires et de produits de divertissement nouvelle qui se caractérise par l’utilisation combinée de plusieurs médias pour développer des univers narratifs, des franchises, chaque média employé développant un contenu différent. De plus chaque contenu peut être appréhendé de manière indépendante, en général, et sont tous des points d’entrée dans l’univers transmédiatique de l’œuvre.

→ Le contenu
Ahmès, scribe d’Égypte est un roman tentaculaire qui nous raconte l’histoire de plusieurs personnages dans deux époques différentes. Je vais volontairement rester vague dans cette chronique, parce que je trouve que c’est une expérience à vivre en en sachant le moins possible et parce que les différentes trames sont compliquées à résumer en quelques lignes. L’histoire nous plonge à la fois dans l’Égypte Antique et dans l’époque contemporaine.
Dans la première partie, on fait la connaissance d’Ahmès, un jeune fils de magistrat qui souhaite devenir scribe et gagner son indépendance. Malheureusement, les choses ne se passent pas comme il l’espère quand il assiste à l’arrestation musclée de son meilleur ami, Néfer.
Dans la seconde, une équipe d’égyptologues, dont le colérique Francis Labrousse et le jeune Benjamin Kershaw découvrent une tombe inviolée en Égypte. Cette dernière contient un trésor archéologique majeur, une boîte remplie de papyrus, des documents que certains ne souhaitent pas voir diffusés.

Je suis admirative du travail fourni par l’auteur. Quel que soit le point de vue que l’on suit et l’époque par laquelle on commence, l’histoire peut se lire de façon parfaitement linéaire. Pour un premier roman, rien n’est laissé au hasard et c’est un aspect que je craignais quand j’ai commencé. La plume de l’auteur nous entraîne tout de suite dans son intrigue. Peu avare en descriptions et anecdotes historiques, on sent que le sujet a été fouillé et documenté, ce qui est très appréciable quand on ne connaît que vaguement l’Égypte antique. J’ai été parfois un peu gênée par quelques expressions « ampoulées » mais c’est purement anecdotique et personnel. J’ai dans tous les cas été séduite par ces histoires qui s’imbriquent, la « fin » m’a laissée sur les fesses, pour le dire poliment, mais je vous laisse la découvrir par vous-même 🙂

→ Le contenant
Cet ouvrage est le premier que je lis du genre et il m’a fortement intriguée à sa sortie.
Dans l’objet lui-même, on sent que tout a été fait pour que le lecteur soit le moins perdu possible. Quand on ouvre le livre, le prélude et le prologue sont communs, on commence obligatoirement par là. Ensuite, on nous laisse la possibilité de continuer l’histoire selon trois chemins différents : « la partie antique », « la partie contemporaine », ou une forme non linéaire de narration. Les explications disséminées un peu partout permettent une prise en main facilité, même si pour ma part j’ai été un peu perdue au début. Comme je le disais, c’était mon premier ouvrage du genre, et forcément quand on n’a pas l’habitude, cela fait bizarre. Néanmoins, pour ma première lecture j’ai choisi de commencer par la partie contemporaine et ai donc fait la connaissance du professeur Labrousse et de son caractère bien trempé. Cela m’intéressait de ne rien connaître sur Ahmès, je souhaitais voir la manière dont on pouvait le découvrir, des milliers d’années plus tard. J’ai poussé ma lecture jusqu’à la fin en ne privilégiant que les points de vue de Labrousse et Kershaw et je pense être passée à côté de quelques petites choses mais cela n’a pas gêné ma lecture.
Pour un second test, j’ai opté pour le dernier choix de lecture, à savoir la forme non linéaire. Ce mode de lecture nous donne accès à une carte sur laquelle on peut choisir notre époque et le personnage que l’on veut suivre. Tout au long de l’ouvrage ensuite, un symbole nous permet de poursuivre du même point de vue ou de changer complètement de personnage. Je dois avouer que cette façon de lire m’a totalement enthousiasmée. On est vraiment libre de faire ce que l’on veut, de suivre qui l’on veut, on détecte quand même le fil rouge sans souci. Toutes les parties sont bien équilibrées et égales en terme de qualité, je dis vraiment chapeau au travail de l’auteur et de son éditeur.

Le livre est agrémenté de nombreux bonus, notamment un accès direct au site lors de la lecture de certains paragraphes, l’alternance des points de vue, une carte du monde permettant de situer l’univers mais également des illustrations qui peuvent s’agrandir en cours de lecture. Globalement, cette expérience a été enrichissante pour moi, même si j’ai mis un petit temps à m’habituer. Moi qui aime savoir combien de pages il me reste, ce détail m’a un peu perturbée, tout comme les allers-retours que l’on effectue dans le manuscrit, mais c’est un mal nécessaire pour une lecture décousue comme celle-ci (dans le bon sens du terme).
En bref, je vous conseille de tenter cette expérience du transmédia, que j’ai trouvé très enrichissante et originale. Je pense entamer prochainement le premier livre de l’éditeur, à savoir La Voix des Highlands, de Lady Thalie de Glencoe pour poursuivre ma découverte.

→ Les liens
Le roman | L’éditeur | L’auteur | Acheter le livre (captures inside)

→ Pour en savoir plus
D’autres articles sur le sujet sont prévus pour les prochaines semaines 🙂