[Partie 1/3] L’Écosse comme point d’encrage

amb_julian_loch

Highlander : The source (les vrais savent)

Je ne sais pas à quand remonte ma passion pour les terres celtes. Ça a toujours été plus ou moins en moi, à travers la musique, les livres, les séries télévisées… Je ne l’ai même pas remarquée, au départ. Et puis, un jour, en zappant, je suis tombée sur une série. J’ignore ce qui m’a attirée dedans. La musique, peut-être, j’étais déjà fan de Queen. Le personnage qui venait de ressusciter, sinon. Tout à la fois. J’avais 14 ans, je venais de regarder mon premier épisode d’Highlander.
Au fur et à mesure, j’ai rattrapé tous les épisodes (merci les rediffusions, ça n’existait pas la fibre #old) et me suis inscrite sur des forums spécialisés. J’ai découvert un univers et une mythologie dans lesquels j’ai plongé à pieds joints mais surtout, j’ai découvert un lieu. L’Écosse. Et là mes enfants, c’est le début de la fin.

Série Highlander — RIP Stan/Richie ♥

À l’époque, j’écrivais déjà. Des histoires confidentielles que je ne faisais lire à personne, une sorte de journal intime. Au fur et à mesure, j’ai eu envie d’écrire une fanfiction sur cette série que j’aimais tant. Pourquoi une fanfiction ? Je n’en sais rien. Je n’en lisais pas, je n’en avais jamais écrite. C’était une sorte de besoin bizarre. Il faut savoir que j’étais également très fan à l’époque de la comédie musicale Roméo et Juliette. Un coup de foudre pour sa chanteuse principale, que je ne sais toujours pas expliquer aujourd’hui (parce que ça ne m’est jamais passé, mais c’est une autre histoire). Un personnage est né, avec dans ma tête les traits de cette dernière. Je collectionnais des bouts d’ambre, je voulais que ce personnage soit en lien avec la série, qu’il fasse partie des MacLeod. Et voilà, il était créé.

En 2005, il y a donc presque 15 ans tout pile, j’ai publié la première version d’Ambre sur mon skyblog. Je n’avais jamais rien mis en ligne, je n’avais jamais montré ce que j’écrivais. J’ai été accueillie avec une telle bienveillance que cette fanfiction a grandi et grossi bien plus que je ne l’espérais au départ. Elle ne m’a jamais quittée depuis.

Point d’an(en)crage

Depuis, mon écriture a connu des hauts et des bas. J’ai commencé plusieurs projets, très peu ont été terminés. Certains ont été repris par la suite (coucou Éphémère), d’autres définitivement abandonnés. Ambre était un personnage si viscéralement lié à moi-même que j’entretenais la flamme à travers des chapitres, des flashbacks, des fiches personnages… Et puis j’ai traversé une période durant laquelle j’ai arrêté d’écrire, presque totalement. Je continuais de penser à l’Écosse, j’ai évolué, je me suis sortie de ces années difficiles et j’ai recommencé à inventer des histoires. Sauf qu’Ambre n’était jamais très loin. Elle est intervenue dans d’autres romans, qui n’avaient aucun lien avec elle, c’est par son biais que j’ai posé les premières pierres de mon SCU 😉 Je me suis replongée dans son univers, j’ai tout effacé du Net et dans mon coin, j’ai entamé une réécriture avec pour unique objectif d’actualiser cette fanfic pour moi et moi seule.
Puis est née cette idée un peu folle : et si j’arrêtais de me baser sur ce que je vois/entends/recherche en ligne et visite ce pays moi-même ? J’étais étudiante, j’avais très peu d’argent, j’ai vite abandonné cette idée mais l’ai laissée tout de même dans un coin de ma tête.

On se sort les doigts

Très récemment, j’ai rencontré des personnes attirées comme moi par le Royaume-Uni, et l’Écosse en particulier. Je voyais sur les réseaux ces personnes fouler les paysages que je connaissais par cœur et je ressentais non pas une pointe de jalousie, mais beaucoup de tristesse. Et puis j’ai compris que les barrières, je me les mettais moi-même et que désormais, plus rien ne m’empêchait de réaliser ce rêve très vieux de fouler la terre de naissance de mon personnage.
Ne roulant (toujours pas) sur l’or, j’ai commencé à économiser. Longtemps. Trèèès longtemps. En tout, il m’a fallu presque deux ans pour rassembler de quoi voyager et vivre sans me priver sur place. En janvier 2019, nous prenions nos billets d’avion.

J’ai beaucoup bourlingué, plus jeune. Je ne le regrette pas, parce que ça m’a permis d’avoir l’esprit ouvert et de vivre des expériences que peu de gens ont connues. Cependant, déménager si souvent ne permet pas de s’enraciner quelque part. On est chez soi à la fois partout et nulle part. Et ça a des conséquences.
La plus prégnante, chez moi, c’est ce besoin de partir. Tout le temps. Je ne peux pas rester au même endroit longtemps, il me faut voyager, découvrir d’autres lieux, pour pouvoir apprécier le moment où je rentre chez moi. Et paradoxalement, j’ai des périodes où je refuse de sortir, parce que j’ai besoin de me sentir en sécurité quelque part. Quand j’ai préparé ce voyage, j’avais très peur. Est-ce que je n’ai pas trop idéalisé ce pays ? Est-ce qu’il va vraiment me plaire ?

Step into Scotland

Quand je monte dans l’avion, je suis à la fois surexcitée et morte d’angoisse. Je lance de suite ma playlist thématique (sobrement intitulée Ambre) et je me plonge dans une sorte d’état méditatif. Là et pas là à la fois. Je réfléchis à ce que représente cet endroit pour moi, mais je me rabroue un peu aussi. Je crains d’être déçue, mais de toute façon là, je n’ai plus le choix.
Et puis au bout de presque trois heures, je vois un bout de cette terre tant attendue, baignée dans un très chouette soleil (hommage appuyé à ma BFF sur laquelle je m’allonge presque pour prendre la photo).
À la seconde-même où je pose le pied sur le tarmac, c’est là. Une sensation très étrange, comme une évidence. Je suis chez moi.

C’est toujours un peu effrayant pour moi de dire ça parce que j’ai peur d’être incomprise, ou critiquée, ou moquée. Comment serait-il possible de se sentir chez soi dans un endroit qu’on ne connait pas ? C’est ridicule, et pourtant.
Mes compagnons de voyage pourront en témoigner, je sautille dans les couloirs de l’aéroport, j’admire ce magnifique soleil qui nous accompagne, je cherche des yeux les fameux kilts par pur amusement. Je dégaine mon téléphone, partage ma joie avec tout le monde, prends déjà des milliards de photos. Il faut évidemment rester ancrée dans la réalité, passer les contrôles de sécurité, penser à changer son argent, prendre de quoi manger, récupérer la voiture de location. Puis voilà, on y est. Direction Fintry pour notre première étape.

Tout de suite, j’en prends plein les yeux. J’ai beau les garder collés sur la route, je ne peux pas m’empêcher de regarder partout autour de moi. On quitte vite la ville pour se retrouver dans la campagne, comme à peu près partout en Écosse.
Le soleil se couche tôt là-bas, on profite de ces magnifiques couleurs sur cette verdure incroyable. Même pas une heure de route, on s’arrête déjà pour admirer le paysage. Là, c’est clair, je suis amoureuse de ce pays.

3 commentaires

    • Rozenn

    • Il y a 4 semaines

    C’est beau Madame

      • Rozenn

      • Il y a 4 semaines

      (il devait y avoir un cœur à la fin de mon commentaire mais il n’est pas passé)

        • Sophie Castillo

        • Il y a 4 semaines

        Merci Madame !
        La seconde partie est encore mieux, toute modestie gardée 😀

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